Shanghai et Suzhou

Nous sommes arrivés en soirée à Shanghai après un vol sans histoire.

La ville nous a immédiatement fait bonne impression. Depuis le début du voyage, nous avons souvent eu ces « premières impressions » dès notre arrivée dans une ville et la plupart du temps, elles se sont avérées au fil de nos séjours.

Dans le cas de Shanghai, à l’instar de Hong Kong, celle-ci nous est apparue plus « facile » que la ville chinoise typique et même que Beijing. L’organisation urbaine est harmonieuse et les indications claires et souvent bilingues. Beaucoup de villes chinoises ayant poussé comme des champignons, elles manquent de finition et de cachet alors que Shanghai dégage une maturité apaisante. Et, par opposition à Hong Kong, malgré ses 26 millions d’habitants, Shanghai est plus calme et moins frénétique que sa cousine financière.

Nous avons pris une première journée pour nous repérer un peu et sommes allés voir le centre-ville qui s’étend de chaque côté de la rivière Huangpu, affluent du Yangtze. Un grand « boardwalk », le « Bund », borde la rivière et fait face aux grattes-ciel du quartier Pudong sur l’autre rive. Parmi ceux-ci, la vrillée tour Shanghai qui est le deuxième plus haut gratte-ciel au monde et la Perle de l’Orient, une tour de télévision devenue iconique par son originalité un peu kitch.

Le lendemain, nous avons pris le train avec un bagage léger pour deux nuits à Suzhou (prononcer Soudjô), petite ville (seulement 4 millions d’habitants!) un peu à l’ouest de Shanghai qui héberge de nombreux très jolis jardins et d’où nous sommes partis pour une excursion à Tongli, un « bourg » de Suzhou, surnommée la Venise chinoise. Ces villes, « traditionnelles » dans leurs vieux quartiers, se sont quand même développées de façon spectaculaire et on accède aux sites historiques par de grands boulevards à 3 ou 4 voies, bordés de buildings ultra modernes. Mais une fois rendus, le jeu en vaut la chandelle et il est très agréable de déambuler dans les jardins chinois, composés de successions de petites cours, de plans d’eau et de pagodes.

À Suzhou, nous avons lunché dans un resto finlandais tenu par un iranien coloré, établi depuis plus de dix en Chine avec sa femme finlandaise, amateur de bongos (dont il nous a d’ailleurs fait démonstration). Celui-ci nous confirmait à quel point la Chine a changé en quelques années.

Malgré la pluie, nous avons apprécié ce saut dans la région de Suzhou mais étions aussi contents de revenir à Shanghai qui nous avait laissée sur notre appétit. Après nous être promené dans le quartier de la « French Concession » dont les rues sont peuplées de platanes plantées sous la période d’administration française (1849-1946), François s’est fait couper les cheveux dans un salon du quartier et nous sommes allés rejoindre Gwenael, nièce de Geneviève et Yves qui habite Shanghai depuis 2 ans et demi. Merci Geneviève et Yves! 🙂

Ce fut une belle rencontre qui nous a donné l’intéressante perspective d’une québécoise vivant en Chine avec les réponses à bien des questions que nous nous posions en tant que touristes de passage. Nous avons aussi parlé du projet d’une « cote sociale individuelle » que le gouvernement chinois veut mettre en place et qui semble tout droit sorti d’un épisode de Black mirror. Merci Gwenael pour tes trucs et idées de choses à faire en Chine et à Shanghai! 🙂

Le quartier de la French Concession est celui des expatriés et héberge de nombreux restos et cafés très sympathiques et pourrait ressembler un peu à au Mile-End montréalais. Nous avons d’ailleurs pu y trouver un vin orange nature chinois (!) et un Marc du Jura pour le digestif (!!)…

Pour notre dernière journée à Shanghai, nous sommes allés voir l’exposition « All about Love Speaks Forever » de Yayoi Kusama, une artiste japonaise contemporaine, peintre, sculptrice et écrivaine dont les oeuvres joyeuses et colorées sont exposées dans le building de la fondation Fosun dont les murs extérieurs reproduisent étonnamment les tubulures d’un orgue. Une belle expérience immersive doublée de ses oeuvres!

Avec son impressionnant centre-ville, ses petits quartiers traditionnels de boutiques et de marchés et la plus occidentale French Concession, Shanghai était un bel épilogue de notre aventure chinoise.

Départ au petit matin pour l’aéroport – direction Tokyo – où nous retrouverons Éric et Geneviève pour notre dernier pays de ce périple asiatique.

A bientôt…

Hong Kong

Depuis 1999 Hong Kong est revenue à la Chine mais n’est toujours pas vraiment « chinoise » pour autant. On y entre d’ailleurs en passant la douane chinoise qui enregistre notre sortie de Chine puis par une autre douane qui enregistre notre entrée à Hong Kong…

Sur place on comprend aisément pourquoi le gouvernement chinois n’a pas intégré ce territoire récupéré des britanniques tant la différence avec la Chine continentale est grande. Hong Kong est une ville occidentale en territoire chinois. Le mode de vie, le coût de la vie, l’utilisation de l’anglais, l’affichage, la liberté d’expression, l’organisation urbaine, tout transpire la grande métropole moderne et capitaliste. Car Hong Kong est un grand centre financier (le 3e en importance) qui compterait la plus grande concentration de grattes-ciel au monde, lesquels arborent les noms des plus grandes sociétés financières.

Il faut avouer qu’après plus de 2 mois en Inde, au Népal et en Chine, la « facilité » que nous a procuré cette pause de l’Asie était bienvenue. Nous avons adoré Hong Kong et l’énergie qu’elle dégage. L’organisation urbaine y est très agréable. S’y déplacer est un charme avec son réseau de transport en commun qui intègre trains, métro, tramway (un des rares tram « double decker ») et ferry sous une seule carte d’accès rechargeable (« Octopus »). Le tout sans avoir à franchir constamment des contrôles de sécurité et sans avoir à éviter de crachas.

Hong Kong est en fait une grande pointe (Kowloon) faisant face à une grande île (Hong Kong Island) entourée d’une série de plus petites îles parsemées dans la mer de Chine méridionale. Kowloon et Hong Kong se font face et semblent se lancer des défis architecturaux avec la multitude de tours qui bordent les rives de chaque côté du détroit qui les sépare. De nombreux et fréquents traversiers et une ligne de métro assurent la liaison entre les rives.

Sur l’Île de Hong Kong, une grosse colline (Victoria Peak) offre aussi un relief intéressant du point de vue de Kowloon et permet une vue plongeante sur les deux centres-ville lorsqu’on y monte. [Photo 360]

De nombreux parcs font aussi partie du tissu urbain et apportent de petits îlots de fraîcheur dans la mégapole. Il faut dire qu’il y faisait très chaud et humide lorsque nous y étions.

Comme tout grand centre financier, HK est aussi une ville d’expatriés et nous y avons côtoyé une diversité ethnique que nous avions perdu en Chine continentale. Faisant partie du top 3 des villes les plus chères au monde, chaque repas que nous y avons pris coûtaient environ le double de l’équivalent à Montréal et représentait le budget de plusieurs jours de repas dans les autres pays que nous avons visité. Nous y avons aussi pris un apéro qui coûtait le prix d’un repas sur une des spectaculaires « rooftop terraces » avec vue sur les tours environnantes et avons dégusté les fameuses « buns » locales dans un resto qui en a fait sa réputation.

Particularité chinoise et qui s’applique aussi à HK, les restos chics sont généralement dans des centres commerciaux ou des tours à bureaux…

Profitant du réseau de traversiers, nous sommes aussi allé passé une journée dans la jolie petite île de Cheung Chau. Après une petite heure de navigation, nous débarquions dans un petit village de pêcheurs qui est aussi le lieu d’un inusité festival annuel de la brioche (« bun ») qui était en préparation (cette fois nous étions juste trop tôt Steffe 😉 ).

Nous avons donc quitté Hong Kong contents de cette petite pause « occidentale », et avons retraversé en Chine sur les ailes de Spring Airlines vers Shanghai.

En plein vol, le personnel de cabine interrompt le service et une hôtesse se met à décrire longuement les attributs d’une pacotille qu’une deuxième exhibe à la Vanna White pendant qu’un troisième agent « passe le chapeau » pour collecter les Yuans des chinois qui achètent allègrement les Mickey en peluche transformables, les rasoirs électriques et… les cartons de cigarettes. Nous sommes bien en Chine…

Prochaine chronique de Shanghai…

Guilin et environs

Guilin est relativement petite ville pour la Chine avec environ 5M d’habitants. Elle est au cœur d’une région connue pour ses paysages spectaculaires et nous en avons fait notre port d’attache pour deux excursions dans les environs: Yangshuo et les terrasses de Longji.

Pour nous rendre à Guilin de Zhangjiajie, nous avons pris le train et transités par Changsha, capitale de la province du Hunan. Le premier segment était à bord d’un train « non rapide » et notre wagon était occupé de joyeuses familles qui nous ont offert de délicieuses petites tranches de vie à la chinoise. Par ailleurs, pour la première fois en Chine, les contrôleurs du train se sont succédés en faisant chacun leur laïus, au milieu de l’allée en clamant de forte voix les attributs de bébelles à vendre… casse-tête 3D, parfums, locomotives miniatures, crochet magique… on se serait cru chez Ali Baba…

Arrivés à Guilin, nous avons eu la chance de tomber sur un de nos meilleurs hôtels à date en Chine, avec lequel nous avons immédiatement organisé une excursion en bateau sur la rivière Li pour le lendemain matin.

Yangshuo

Cet aller simple de 4 heures nous conduira à la petite ville de Yangshuo, connue pour ses randonnées en plein-air dans de jolis paysages de pics et de rivières. [Photo 360]

Nous nous sommes offert le petit luxe d’une charmante auberge et avons emprunté deux de leurs vélos pour nous balader dans les champs et les petites bourgades le long de la rivière.

Bien que généralement nous ne regrettions pas de ne pas nous être encombrés de nos boîtiers et lentilles 35mm – qui nous auraient causés des soucis pour ces 3 mois et demi de voyage – il y eut quand même quelques moments où un bon téléobjectif nous a manqué, notamment dans cette région pour croquer les paysans qui travaillaient dans les champs environnants avec leurs chapeaux chinois traditionnels.

Nous sommes sortis des sentiers battus à quelques reprises avec nos vélos et comme il avait plu passablement pendant la nuit précédente, nous nous sommes retrouvés les pieds et les mollets un peu boueux…

Rizières en terrasse de Longji

Retour à Guilin pour une nuit et pour repartir ensuite en bus (qui effectuait des dépassements « à l’indienne ») vers les rizières en terrasses de Longji (qui veut dire « dos de dragon »). Ces rizières ont été installées à flanc de collines il y a environ 700 ans, entre 600 et 1000 mètres d’altitude. Le temps était à nouveau brumeux lors de notre séjour mais nous avons quand même pu profiter des incroyables paysages offerts par ces ingénieuses constructions étagées, ondulant sur les flancs des vallons et dont les bassins inondés reflétaient la lumière comme des écailles d’un dragon (d’où le nom)…

Nous avions laissé nos gros sacs à Guilin et étions partis légers pour passer la nuit dans le petit village de Ping’an, accroché à flanc de colline, où l’hôtel nous a attribué une chambre avait un immense un balcon avec vue sur les rizières.

Retour le lendemain par le bus public où nous croiserons un jeune couple de parisiens qui font un stage dans une école en Chine dans le cadre de leurs études en ingénierie. À bord de ce bus, nous observerons à nouveau une habitude des chinois: en public ceux-ci utilisent très souvent leur téléphone en mode main-libre ou haut-parleur, collant le bas du téléphone sur leur oreille (ce qui éloigne le micro de leur bouche) et en hurlant pour se faire entendre… il est grand le mystère du chinois…

Cela dit, et blague à part, les chinois que nous rencontrons sont tous extrêmement aidants et malgré la barrière de la langue, nous réussissons à établir des contacts chaleureux avec la grande majorité d’entre eux. A titre d’exemple, à l’hôtel où nous étions à Ping’an, la propriétaire qui parle un peu anglais a dû s’absenter pour mener son fils à un examen à Guilin, laissant la gestion de l’hôtel à sa tante qui ne parle que chinois. Nous passerons donc 24 heures à échanger avec la dame par signe et avec nos apps.

Puis, pour le retour, il nous fallait prendre un premier bus vers Longshen, une petite ville voisine, pour changer ensuite de bus quelque part en cours de route. Après quelques échanges traduits par nos téléphones et quelques appels à la patronne, la tante nous gribouille des instructions en chinois à l’attention du chauffeur de bus. En montant dans le bus, ce dernier décortique notre bout de papier (que nous sommes nous-même incapable de lire) et nous fais un signe positif de la tête…

Une heure plus tard, il fait des appels de phare à un bus que nous croisons et les deux bus s’arrêtent pour que nous puissions transférer dans celui qui se rend à Guilin.

Bref, beaucoup de collaboration et de tolérance pour deux étrangers incapables de dire autre chose que « merci » (« xièxiè » qui se prononce « chèchè ») dans la langue la plus parlée au monde.

Ce segment de notre périple nous aura permis de passer un peu de temps dans la nature. Cet équilibre entre urbanité et campagne pendant ce long voyage est important pour nous, voir essentiel, et ces quelques jours dans cette superbe nature nous aurons fait beaucoup de bien. 🙂

Dernier passage par Guilin où nous récupérons nos sacs et dormirons pour partir tôt le lendemain pour Hong Kong en passant par Canton (Guangzhou).

Avis aux intéressés: quelques photos 360 ont été ajoutées au texte sur Zhangjiajie.

A bientôt…

Zhangjiajie

Zhangjiajie est une ville de la province du Hunan. Son principal attrait est qu’elle est située tout près de la région d’intérêt panoramique de Wulingyuan classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992. Pour ceux qui ont vu le film Avatar, c’est là qu’ont été tourné les images qui ont servi de base au monde virtuel des êtres bleus.

Le parc est très grand et, comme beaucoup de sites touristiques chinois, il a été très aménagé. De belles routes pavées parcourent le parc et des bus assurent la liaison entre les différents sites, eux aussi très bien aménagés. La plupart des sentiers sont pavés et pourvus d’escaliers. Un ascenseur de 335m a aussi été aménagé pour passer du niveau de la vallée au niveau du plateau supérieur dans lequel l’érosion a taillée son chemin, créant les spectaculaires pics rocheux qui font la fierté des lieux.

Ce texte sera court car malheureusement, il est très difficile de rendre en mots, et même en photos, l’ambiance majestueuse de ces lieux uniques et inédits.

Nous avons passés 2 jours à nous promener dans le parc et à ne cesser de nous émerveiller des points de vue changeant au fil des sentiers et des passerelles vertigineuses.

La vallée est tapissée d’une forêt subtropicale très diversifiée et offre des vues en contre-plongées impressionnantes sur les pitons qui semblent pousser au milieu des arbres.

Encore une fois, nous aurons pu compter sur les judicieux conseils d’un gérant d’hôtel charmant et attentionné qui nous aura gentiment proposé un itinéraire pour nos deux journées dans le parc. Malgré la grande quantité de visiteurs, le site étant vaste, nous avons pu le visiter relativement paisiblement. Il faut cependant noter que le rapport des chinois à la nature est très loin de celui des nord-américains ou des européens. La notion d’impact minimal et/ou de préservation de la nature n’est pas la même et les touristes locaux ne se privent pas de se balader en faisant jouer de la musique à tue-tête, en s’interpellant bruyamment ou en criant pour signaler leur joie ou tout simplement leur présence…

Nous quittons Zhangjiajie les yeux remplis de paysages magnifiques, les poumons remplis d’air un peu plus pur et nous préparons à une longue journée de 8h de train pour rejoindre Guilin, région des rivières, des montagnes et des cultures en terrasses, histoire de continuer à profiter de la campagne chinoise.

Photos 360:

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Chongqing et le Yangtze

Chongqing est une ville sans grand intérêt touristique si ce n’est qu’elle est un port important du 3e plus long fleuve au monde, le Yangtze (ou Yangtzi). A l’instar de plusieurs autres villes chinoises, Chongqing a connu un essor fulgurant avec près de 10 millions d’habitants pour la ville même et plus de 30 millions pour la grande région urbaine. Le centre-ville de Chongqing n’a rien à envier à Manhattan avec ses gratte-ciels illuminés et ses grandes places bordées des plus grands magasins.

Pour nous c’était surtout notre port d’embarquement pour une croisière de 3 jours sur le Yangtze. C’était notre première croisière et globalement nous avons apprécié passer enfin quelques jours à nous laisser porter sans prendre de décisions et sans avoir à reboucler nos bagages pour l’étape suivante. Nous avons un peu moins apprécié la cohue lors des visites en groupe à terre mais cette première expérience de croisière fut quand même positive.

Il faut savoir que les chinois, qui individuellement sont très courtois, perdent tout sens civique dès qu’il s’agit de faire la file. Ils n’hésiteront pas à vous bousculer pour vous dépasser, à s’accrocher à vous, à vous pousser pour vous faire accélérer le pas s’ils ne peuvent passer… C’est sans doute l’héritage d’une époque où ils manquaient de tout et devaient faire la file pour obtenir de quoi survivre mais pour nous occidentaux, ce peut être plutôt agressant.

Mais le summum de ce comportement a été observé par François lors d’une étape sur un site particulièrement populaire et qui, en attendant à la toilette qu’un urinoir se libère, a vu un chinois le bousculer pour passer devant lui et s’installer à côté de l’occupant dudit urinoir pour pisser dedans en parallèle sans que le premier arrivé ne s’en offusque… Plutôt étonnant ! (malheureusement pas de photo à l’appui ici non plus 😉).

Note 1 : Il eut été facile ici de faire un jeu de mot et de dire que le chinois n’aime pas faire la queue mais nous nous abstiendrons…

Note 2: Sachez qu’Annie n’a rien à voir avec ce jeu de mot… 😉

Notre bateau de croisière pouvait accueillir près de 400 personnes et nous étions environ 350 pour notre séjour dont 90% étaient chinois. Notre trajet nous amenait de Chongqing à Yichang pour un parcours de quelque 600 km sur le célèbre fleuve. Nous avons été étonnés par le confort et le silence du navire qui pouvait quitter son point d’amarrage sans même que nous nous en apercevions.

Les paysages le long du parcours étaient magnifiques, surtout à partir du deuxième jour où nous nous sommes engagés dans la première des 3 fameuses gorges du même nom. Mais ce périple nous aura aussi fait réaliser à quel point nous sommes choyés au Québec par une nature spectaculaire et nous constations que le fjord du Saguenay n’a rien à envier aux Trois-gorges du Yangtze.

Nous étions assignés à une table d’occidentaux où nous avons fait connaissance avec trois jeunes agentes de voyage australiennes, un couple d’anglais de Manchester ainsi qu’une mère sino-américaine qui avait émigré en Californie il y a une quinzaine d’année et qui prenait quelques jours de loisirs avec sa fille dans le cadre d’un voyage d’affaires. Celle-ci nous confirmait à quel point la Chine avait évolué dans les récentes années et nous confiait qu’elle n’aurait pas quitté la Chine à l’époque si celle-ci avait été dans la situation actuelle. « We left just before things improved and we missed the train… »

Nous avions aussi le privilège de partager notre vaisseau avec une mannequin sexagénaire chinoise qui (semble-t-il) connait une certaine célébrité ici et qui posait visiblement pour de la promo de la croisière.

Inspirés, nous avons aussi participé à un cours de taïchi au petit matin, ce qui fut aussi une belle découverte.

La croisière se terminait par une visite du site du plus gros barrage au monde (Three Gorges Dam) dont l’étude de faisabilité a été commandée à nos ingénieurs québécois dans les années 70 et qui a été achevé et mis en service en 2009. Le barrage a inondé de nombreux villages et villes bordant le fleuve, forçant la relocalisation d’environ 1.5 millions de personnes. Bien que le gouvernement chinois ait mis en place un programme de relocalisation et de compensation des populations affectées, certains des villages que nous avons pu visiter démontraient un taux de désœuvrement élevé mais la jeune génération semble s’être mieux adaptée et vie notamment du tourisme attiré par la navigabilité engendrée par la hausse du niveau des eaux du fleuve. La polémique reste forte sur ce projet gigantesque. La Chine aura connu plusieurs épisodes où elle aura pris le taureau du progrès par les cornes et aura mobilisé ses ressources et demandé des sacrifices à sa population pour le « bien commun ». Qui sommes-nous pour les juger, nous qui sommes des enfants de l’hydroélectricité…

Nous sommes débarqués à Yichang, ville terne qui ne sera pour nous que le transit vers notre prochaine destination : Zhangjiajie, pays des êtres bleus du film Avatar…