Chengdu

Le « bullet train » de Xi’an a traversé la campagne chinoise à 240km/h pour nous déposer à la gare de Chengdu avec la ponctualité d’un horloger suisse.

Avec notre téléphone, nous montrons la carte de notre trajet au chauffeur de taxi qui semble voir où nous voulons aller et démarre. En approchant de notre destination, le quadrilatère où doit se trouver notre hôtel est… rasé…

Des palissades bloquent l’accès à un chantier où les restes d’immeubles en démolition ne laisse espérer aucun possibilité d’hébergement pour cette nuit. Le chauffeur de taxi semble aussi désemparé que nous et après avoir fait quelques tentatives pour trouver l’auberge, nous lui faisons signe de nous déposer et appelons l’hôtel pour comprendre…

Il ressortira que nous avions l’ancienne adresse de l’hôtel qui s’est relocalisé pour faire place au chantier d’une nouvelle ligne de métro. Il faut savoir qu’il est possible de contourner le bloquage de Google Maps mais que les cartes ne sont pas toujours à jour, surtout dans ces villes qui se transforment à toute vitesse.

Nous trouverons finalement l’auberge qui est très bien et qui nous offrira le soir de notre arrivée un spectacle de danse/opéra traditionnel ainsi qu’une démonstration de « face changing », dans lequel l’artiste permute de masque à une vitesse prodigieuse.

Chengdu est la capitale du Sichuan et connaît une croissance phénoménale. La ville compterait près de 20M d’habitants et aspire à devenir le hub chinois du commerce avec l’occident. Ses grandes artères dégagées contrastent avec Beijing et ses nombreux gratte-ciels en chantier témoignent de ses ambitions commerciales.

Mais Chengdu est aussi la ville… des pandas!

Le panda géant ne vit plus en liberté qu’en Chine aujourd’hui et en est devenu un emblème national. Sous l’ère maoïste, le panda a été offert par la Chine pour sceller des alliances avec d’autres états mais devant la graduelle disparition de l’espèce, et avec moins de 2 000 individus vivant à l’état sauvage aujourd’hui, le centre de recherche sur les pandas de Chengdu fait un travail remarquable pour protéger l’animal tout en permettant aux visiteurs de le voir dans son habitat naturel.

Le centre est en fait un grand parc très bien joli où des sentiers nous promènent à travers des boisés de bambous qui hébergent des enclos où les pandas peuvent évoluer sous les regards de la foule mais avec la possibilité d’une relative intimité.

Nous y sommes arrivés tôt car c’était le long weekend de la fête des morts en Chine et le site allait être envahi par les visiteurs dès les premières heures.

Le panda a deux activités: dormir et engloutir du bambou… mais il faut avouer que l’animal a tout du « parfait toutou » et qu’on a instantanément envie d’aller leur faire de gros câlins.

Nous passerons une agréable matinée à nous promener dans le grand parc, malheureusement de plus en plus bondé comme la journée avançait… nous avons bien fait d’arriver tôt!

Arrivés à l’hôtel, François vérifie soigneusement le sac d’Annie pour s’assurer qu’elle n’y a pas caché un petit panda… 😉

Le lendemain, forts de notre expérience avec les pandas, nous avons quitté aux aurores pour la gare direction Leshan à 150 km de Chengdu pour aller voir son Bouddha géant.

Le dit bouddha est situé sur la rive opposée d’un fleuve impétueux qui borde la ville et son créateur voulait que son œuvre protège les bateaux qui s’y aventuraient et empêche les inondations de la ville.

L’œuvre est colossale et a été directement taillée dans le roc de la falaise. Il semblerait que les vœux du moine artisan du bouddha aient été entendus et que les débris de sculpture du bouddha qui ont chuté dans le fleuve en auraient calmé les ardeurs…

Photo 360 du bouddha géant.

L’accès au bouddha géant se fait par un très joli parc qui héberge aussi quelques temples boudhistes et dont les sentiers serpentent dans une luxuriante forêt. La promenade fut très agréable mais encore une fois, nous avons bien fait d’arriver à l’ouverture car le site était envahi par les visiteurs (100% chinois) lors que nous en sommes ressortis.

Dernière journée à Chengdu, notre train pour Chongqing est en après-midi et nous prenons la matinée pour visiter le monastère de Wenshu, non loin de notre hôtel et qui possède de magnifiques jardins et plusieurs temples et pagodes.

Nous prendrons un thé au jasmin dans les jardins et y luncherons dans le très bon restaurant végétarien attenant au monastère.

Nous commençons à bien maîtriser l’efficace système ferroviaire chinois et nous mettrons en route pour Chongqing, d’où nous embarquerons le lendemain pour une croisière de 3 jours sur le Yangtze.

Encore une fois, nous ne verrons aucun occidentaux dans la gare ou dans le train… sans doute voyagent-ils plutôt en groupe et par bus…

Xi’an

Nous avons choisi d’effectuer le trajet Beijing-Xi’an par un train de nuit. Nous avons réservé en ligne nos billets pour nos 4 prochaines destinations et pouvions tous les récupérer à la gare.

Nous sommes donc partis avec une bonne avance, ne sachant trop si l’opération serait compliquée. Arrivés à la gare de Beijing ouest, nous faisons la file pendant une dizaine de minutes au guichet. Lorsque c’est notre tour, nous appuyons sur le bouton « Informations pour récupérer vos billets » de l’app sur le iPhone. L’écran affiche de gros caractères chinois et un numéro que nous présentons à la préposée avec nos passeports. Nous répétons l’opération 4 fois (pour chaque billet) et en moins de 3 minutes, nous avons tous nos billets en main. Reste à passer la sécurité, très similaire à celle d’un aéroport (et présente aussi dans les métros en Chine) et à identifier la salle d’attente de notre train qui nous donnera accès directement au bon quai.

Le train partira à la minute exacte prévue à l’horaire. Le système ferroviaire chinois est d’une efficacité et d’une ponctualité incroyable !

Autre belle surprise, nous avons une cabine privée avec deux couchettes superposées, une petite table, un fauteuil et… notre toilette privée! Le grand luxe!

Le seul bémol est que les matelas des couchettes sont d’une fermeté spartiate mais nous arriverons quand même relativement reposés à Xi’an en matinée. Ah oui, les chinois sont des fumeurs compulsifs et malgré les interdictions répétées, il est évident que nos voisins fument en cachette cigarettes sur cigarettes…

Nous arrivons à notre « hostel », où le personnel est super sympathique et accueillant et prodigue de bons conseils sur les activités dans la région. L’ambiance de la salle commune est chaleureuse, la musique est bonne et les déjeuners copieux.

Tranche de vie: Annie qui cherchait depuis Beijing un endroit pour se faire épiler les jambes en profite pour se renseigner à l’une des jeunes filles de la réception. Celle-ci lui recommande son salon de beauté et propose de prendre rendez-vous pour elle en après-midi!

Nous profitons de cette première journée à Xi’an pour aller visiter les environs, notamment le quartier musulman qui n’est pas très loin. Ne sachant à quoi nous attendre, nous entrons dans un quartier piétonnier où les petites rues sont bordées de comptoirs offrant toute sorte de nourritures et de boutiques d’artisanat. Nous nous attendions sans doute à quelque chose qui ressemblerait à un souk marocain et où les visages se méditerraniseraient mais en fait, le quartier musulman de Xi’an est… un quartier chinois !

Les poulpes sur brochette et autres délicatesses locales sont présentés de façon alléchante sur les étals et une clientèle joyeuse et familiale se masse devant certains commerces. Le sandwich au porc haché est un peu salé mais plutôt savoureux. 

Retour à l’hôtel où notre nouvelle amie nous annonce que le salon de beauté pourrait recevoir Annie l’après-midi même. Mais comme l’accès y est un peu compliqué, elle nous propose de nous y conduire à la fin de son quart de travail vers 15h30. D’abord un peu mal à l’aise de lui faire faire ce détour, nous accepterons finalement. Nous ferons donc le trajet en métro jusqu’à un building moderne dans un secteur commercial. Aucun affichage ne semble indiquer quelque commerce dans l’édifice dont l’entrée ressemble davantage à un immeuble à bureau. Mais au 15e étage, le salon « Mimi » nous attend avec son entrée rose bonbon et ses employées aussi colorées. François ira faire du repérage le long du mur d’enceinte de la ville qui est tout près. Pendant ce temps, Annie comprendra que le salon n’offre que l’épilation permanente au laser ce qui n’est pas ce qu’elle envisageait et notre amie de l’hôtel est désolée du malentendu mais elle amènera Annie à une pharmacie non loin qui vend les bandelettes de cire qui permettront l’auto-épilation… 😉

La barrière de la langue aura causé cet imbroglio qui nous aura toutefois permis de discuter avec cette charmante chinoise, et de visiter un quartier inédit de Xi’an. L’incident créera aussi un lien affectif particulier avec cette employée de l’hôtel que nous quitterons avec une émotion réciproque à la fin de notre séjour.

Avant de rentrer à l’hôtel, nous passerons par un petit quartier de « street-food » sympathique mais où nous ne pourrons rien consommer car le seul mode de paiement accepté par les commerces est une plateforme de paiement chinoise très populaire mais qui exige un compte de banque chinois.

Au moment de quitter ce quartier nous voyons deux personnages costumés s’installer à l’entrée et se préparer pour une courte séance photo et Annie réussira à croquer sur le vif leur cascade…

Le lendemain, départ en bus pour aller visiter le site de « l’armée de terre cuite ». Il y a plus de deux milles ans, l’empereur Qin qui avait réussi à fédérer la Chine, dans un délire mégalo-mystique commandera la réalisation de milliers de figurines de terre cuite censées le suivre et devenir son armée dans l’au-delà. Les artisans kidnappés pour réaliser une figurine portant leurs visages étaient ensuite trucidés et les figurines enterrées dans des voûtes souterraines pour garder le tout secret et éviter le pillage post-mortem.

En 1974, un fermier qui creusait son puit est tombé sur l’une de ces figurines et depuis trois fosses ont été dévoilées et plus de 8 000 figurines découvertes. La restauration prendra encore des décennies car la plupart des statues ont été brisées par l’écroulement des galeries. L’histoire est un peu macabre mais le site est fascinant!

Retour à Xi’an juste à temps pour effectuer un tour à vélo sur le mur d’enceinte, au soleil couchant, avec une sympathique hollandaise rencontrée plus tôt pendant la visite.

Le principal attrait touristique de Xi’an est l’armée en terre-cuite mais la ville est agréable et il fait bon s’y balader. Nous repartirons vers Chengdu le lendemain, content de nous y être arrêtés.

Beijing

Nous voilà en Chine! 🙂

Notre vol de Delhi avait une escale à Shanghai où nous avons franchi l’immigration sans problème (et plus efficacement qu’en Inde et au Népal). Nous en avons aussi profité pour nous procurer une carte SIM qui fut activée instantanément (en Inde l’opération avait pris plusieurs jours). Avant-goût du modernisme et de l’efficacité chinoise ? Et personne ne nous a parlé de « Mme Huawei ». 😉

Par ailleurs, la plupart des applications et sites de Google, Facebook et les sites des médias étrangers sont bloqués en Chine. Mais la représentante de la compagnie de cellulaire nous informe qu’elle nous installera la rustine pour contourner le problème. Allez comprendre… Mais nous avions de toute façon prévu le coup et avions déjà installé un « VPN » non chinois…

Après le vol Shanghai-Beijing, nous arrivons à l’hôtel qui est dans un « hutong » (vieux quartiers traditionnels de Pékin).

Petit rappel: nous avons quitté Delhi après 48h dont 24h enfermés dans une petite chambre à ne pas digérer notre dernier repas et n’avons rien pu avaler de significatif depuis. Nous avons donc pris la première journée très mollo et avons fait un peu de repérage autour de l’hôtel.

Le contraste avec l’Inde et le Népal est frappant car même si, comme en Inde, le hutong est un dédale de petites rues empruntées principalement par des 2 ou 3 roues, ceux-ci sont presque tous électriques à Beijing et n’utilisent leur klaxon qu’en cas de nécessité. quelle drôle d’impression de naviguer entre ces véhicules dans le silence!

Autre contraste: la propreté! Il existe un système de collecte d’ordures et de recyclage efficace et un service de voirie qui maintient les rues très propres.

Frappante aussi: l’homogénéité ethnique. A part une toute petite poignée d’étrangers, les visages sont tous chinois. Vous nous direz, « C’est normal, vous êtes en Chine ! » mais dans la plupart des pays, il existe un certain métissage et une population de résidents immigrés qui semblent absents ici.

De plus, les hutongs ayant la volonté de préserver un aspect traditionnel, les commerces ne s’affichent presque pas et ceci confère des allures austères qu’on imagine les relents d’une époque communiste « dure ».

L’hôtel où nous sommes descendus, sous la recommandation de François Dupuis (merci François!), tente de préserver le cachet architectural traditionnel des hutongs et propose des représentations d’un art ancestral appelé « shadow art » dans la cour intérieure de l’hôtel où donne notre chambre. Cette volonté de préserver le caractère traditionnel et la culture du hutong est palpable à l’hôtel mais aussi dans tout le quartier.

Non loin, un lac (qui est plutôt un très grand étang) est entouré de magnifiques saules pleureurs et nous avons la chance d’arriver comme les cerisiers commencent à fleurir. Le paysage est magnifique et il est très agréable de déambuler parmi les chinois qui profitent aussi de ce printemps tardif et qui jouent au mah-jong et à d’autres jeux de hasards sur les rives du lac et dans les parcs.

Nous déciderons de rester quelques jours à Beijing pour refaire nos forces et bien découvrir la ville, notamment la place Tian’anmen et la cité interdite tout à côté où tout simplement à nous promener dans les nombreux parcs de la ville.

Bien que la cité interdite soit sans doute la principale attraction touristique de Beijing, la visite nous a un peu laissé sur notre appétit… peut-être un effet secondaire de nos désordres gastriques. Pour ce qui est de la place Tian’anmen, elle nous semblait bien petite par comparaison avec l’image tant médiatisée de l’étudiant y défiant le char d’assaut. Mais il y avait quand même un côté solennel à fouler le sol de ces lieux mythiques…

Nous avons aussi pris une journée pour quitter la ville et nous rendre à l’un des sites valorisant la fameuse muraille de Chine. Et dans ce cas, pas de déception, l’oeuvre colossale est aussi impressionnante que nous l’anticipions. Et nous avons eu droit en prime aux cerisiers en fleurs qui ornaient les flancs des valons entourant la muraille… grandiose!

Photo 360 de la muraille.

Dans Beijing, nous visiterons aussi le génial quartier « 798 Art District » qui regorge de galeries d’art et d’exposition, de cafés terrasses et de sympathiques boutiques.

Le tout avec un côté « cartoon-bonbon » qui est visiblement très présent en Chine.

Nous ne pouvions quitter Beijing sans nous offrir un « Peking duck », ce que nous fîmes pour notre dernière journée, histoire d’avoir laisser le temps de récupérer à nos systèmes digestifs.

En conclusion sur cette première prise de contact avec la Chine, nous sommes un peu surpris d’un niveau de dépaysement moins grand que nous l’appréhendions. Bien sûr, la langue est une barrière significative (très peu de chinois parlent anglais hors des hôtels) et nous avons régulièrement à sortir notre app de traduction et à montrer nos écrans pour nous faire comprendre. Par ailleurs, nous avons réussi à organiser tous nos déplacements et nos réservations par nous-mêmes grâce à des applications conviviales et efficaces. Mais surtout, à bien des égards la Chine est socialement beaucoup plus près de nous que ne l’était l’Inde. Les voitures sont les mêmes, les magasins tiennent les mêmes produits, les comportements urbains sont similaires, même les taxis sont aussi bougonneux que chez nous. 😉

Bref, la Chine développe une « classe moyenne » qui a visiblement des aspirations très similaires aux occidentaux… et ils sont nettement plus nombreux!

Espérons que cette tendance constatée à l’électrification des transports se poursuivra et inspirera l’occident. Nous avons sans doute été chanceux mais n’avons pas constaté de pollution gênante à Beijing.

Départ pour Xi’an qui sera l’objet d’un prochain texte…

À bientôt!

Bandipur, retour à Katmandou et Delhi

Nous avons pris un peu de retard dans nos récits… nous venons d’arriver en Chine, ce qui fera l’objet d’une prochaine chronique, mais voici la fin de notre aventure indo-népalaise:

Bandipur est une petite ville un peu à l’écart de la route qui va de Pokhara à Katmandou. Nous avons décidé de couper le long trajet de plus de 7h de bus en deux segments et d’y passer deux nuits.

Le magnifique village est juché sur une colline à 1030 m et une petite route sinueuse nous y conduit. Notre hôtel est situé sur le flanc de la colline et est tenu par un couple sympathique. L’endroit est paisible et hors des bruits (outre les discussions de chiens la nuit) et de la pollution et nous déciderons de nous y reposer et de mettre à jour le blog.

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Nous n’avons donc fait aucune activité particulière mais nous nous sommes promenés dans le petit village qui est un curieux mélange de ville médiévale et de village Western… L’architecture est atypique pour le Népal et les structures sont d’un mélange de bois et de brique. Plusieurs constructions portent encore les marques du tremblement de terre de 2015, comme à Katmandou.

Cette petite pause nous aura fait du bien après les dernières semaines plus intenses et nous reprendrons la route vers Katmandou, prêts à affronter l’environnement urbain qui nous attend.

Le lendemain, le bus pour Katmandou arrivera avec un bon retard et la journée passera presqu’entièrement en transit.

Nous avons un peu l’impression de revenir à la maison car nous sommes descendus au même hôtel et le personnel nous y accueille spontanément et chaleureusement comme si nous étions de la famille…

Nous profiterons de ce retour à Katmandou pour aller visiter Patan, ville « annexée » mais qui a longtemps été indépendante et l’une des 3 villes « royales » de la vallée.

Anciennement nommée Lalitpur, la ville était la capitale et une ville d’art. Plusieurs écoles s’y trouvent et nous croiserons nombre d’étudiants dans ses petites rues tortueuses.

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Au centre de Patan, Durbar square héberge de nombreux temples, plusieurs en rénovation suite au tremblement de terre, ainsi qu’un joli musée qui donne beaucoup d’informations sur l’hindouisme et le bouddhisme.

Nous quittons le lendemain pour Delhi où nous faisons une escale de 48h avant de prendre notre vol pour Beijing.

Plusieurs touristes nous avaient mis en garde à propos de la nourriture à Delhi et tout comme lors de notre premier passage rapide, nous avons choisi d’éviter les restos locaux et de nous tourner vers les plus « internationaux » et référencés dans les guides…

Mais malgré cela, après 2 mois en Inde et au Népal à manger dans toutes sortes de restos, il aura fallu cette dernière étape de 48 heures à Delhi pour nous rappeler à l’ordre…

Retour à la chambre le soir de notre arrivée à Delhi, après une banale pizza dans un resto américanisé de Connaught Place… François ressent quelques gargouillements… qui s’amplifient et… on vous passe les détails… Annie subira le même sort mais heureusement légèrement désynchronisé, ce qui était précieux compte tenu de la petite taille de notre chambre et de la salle de bain…

Nous n’avons malheureusement aucune photo pour illustrer ce moment inoubliable… 🤢

Le lendemain, nous avons réussi à nous lever une ou deux fois pour quérir un peu d’eau et un bol de riz blanc en après-midi.

Le jour suivant, notre vol pour Beijing via Shanghai étant en fin de journée, nous avons réussi à rassembler juste assez d’énergie pour nous traîner voir les maisons du Mahatma Ghandi et d’Indira Nehru-Ghandi.

Nous nous sommes ensuite rendus à l’aéroport pour un vol de nuit avec 2 heures d’escale à Shanghai.

-« Aisle or window? »

-« Near a toilet please… »

Au moment d’écrire ces lignes, 3 jours ont passé depuis l’intoxication et nous espérons récupérer complètement nos facultés digestives pour faire face au régime alimentaire chinois qui n’est vraiment pas végétarien et pas nécessairement le plus digeste mais, comme dirait Confucius : « ça va ben aller… »

La suite en Chine sous peu 😉…

Pokhara

Fin de trek, nous reprenons un 4X4 pour Pokhara, ville de 250 000 habitants au sud de l’aire de conservation de l’Annapurna.

Pokhara est le point de départ et d’arrivée des randonneurs et est située sur les bords d’un lac qui est en fait un réservoir artificiel.

Un joli « boardwalk » sépare le lac des terrasses de cafés, bars et restaurants où flânent les touristes de toutes origines car Pokhara est aussi destination balnéaire pour les népalais qui y côtoient les touristes étrangers.

Lors de notre première journée, avec Mauricio, nous avons loué une barque pour traverser le lac et entreprendre l’ascension de la colline sur la rive opposée où se situe la « Pagode de la paix », petit temple (ou « stupa ») qui offre une magnifique vue sur le lac et la ville mais aussi sur la chaîne des Annapurna au nord.

Pendant la montée, nous tombons sur Esther et Ben, un jeune couple d’allemands sympathiques rencontrés pendant le trek et décidons d’aller luncher tous ensemble dans un resto belge de Pokhara qui est censé servir les meilleures frites du Népal.

Nous y consommerons notre premier repas de viande depuis notre arrivée en Asie: un gros burger accompagné d’un cornet de frites à la hauteur de leur réputation.

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Au moment de payer, le propriétaire nous mentionne que son resto est le point de rencontre de nombreux instructeurs de parapente, activité qui se pratique tout près, sur un autre colline bordant le lac. Il nous présente Paul, gérant d’une des compagnies qui offre l’activité et après réflexion (et prise d’infos sur l’activité et la compagnie), nous décidons en soirée de nous inscrire pour le lendemain matin.

En après-midi, nous sommes allés dans un refuge de moines tibétains. Lors de l’exode tibétain de 1959, de nombreux camps ont été créés dont deux près de Pokhara. Depuis 1990, pour ne pas froisser la Chine, le Népal a pris la position de retirer leurs droits aux réfugiés tibétains. Ceux-ci n’ont plus le droit de travailler et vivent dans ces camps qui sont en fait de petits villages très aménagés. Ils vivent essentiellement du tourisme et dans le village que nous avons visité, il est possible d’assister à la prière en après-midi.

Nous sommes arrivés tout juste comme la cérémonie commençait. Un moine nous invite de la tête à entrer dans le temple et à nous asseoir contre un des murs extérieurs. Les moines sont assis en U au centre de l’espace devant de longs comptoirs sur lesquels reposent leurs livres de prières. Aux extrémités, deux jeunes moines battent le rythme sur de grands gongs. Essentiellement, les chants sont composés de longs couplets pendant lesquels les moines scandent des passages de leurs textes de façon, il nous semble, tous légèrement désynchronisés. Puis, certains moines sortent des instruments à vent et rejoignent les gongs dans un court segment un peu cacophonique mais étrangement harmonieux au final. Et le tout recommence, parfois sur un rythme un peu différent.

Mais le plus surprenant est qu’à travers ce rituel tout de même assez formel, d’autres moines entrent et sortent, transportant de grosses bouteilles de Fanta et de Coke, balaient soudainement le plancher puis passent la serpillière, roulent et retirent un tapis, le tout le plus naturellement du monde…

Il est interdit de prendre des photos mais nous avons enregistré un extrait des chants.

Retour à l’hôtel et réorganisation des bagages pour donner à Mauricio notre équipement de randonnée. Merci encore Mauricio !!!! 🙂

Le lendemain matin, après avoir déjeuné avec Mauricio qui prenait le bus pour Katmandou et versé quelques larmes (en fait, nous voulions être certains de le voir prendre le bus 😜), nous quittons pour notre séance de parapente.

Paul et Igor seront nos « pilotes » en tandem pour un vol qui devrait durer environ 25 minutes. Très professionnel, Paul nous donne un briefing dans le minibus en route vers le site et nous explique qu’il aime bien laisser passer les autres opérateurs et attendre un ciel moins encombré pour s’envoler. Effectivement, sur place, nous attendrons que tous les autres groupes (un bonne trentaine de parapentes au total) soient en vol depuis un moment et qu’ils commencent à descendre pour décoller.

Notre seule tâche: courir en direction du vide lorsque notre pilote nous le dira et ne pas arrêter de courir avant qu’il nous le dise, même si nos pieds sont dans le vide…

Nos deux décollages se font sans histoire et nous nous retrouvons, flottant légèrement dans le ciel de Pokhara, sans bruit, et entreprenons de grands virages pour profiter des colonnes d’air ascendant afin de prendre de l’altitude.

Quelques voiles sont encore en vol mais rapidement nous avons le ciel presque pour nous seuls alors que nos deux parapentes se suivent et que nous pouvons apercevoir le sommet des pics de l’Annapurna, émergeant de nuages naissants qui couvrent leurs bases.

Le moment est magique! Annie, le sourire fendu jusqu’aux oreilles lâche des cris de joie et nous nous laissons porter par nos deux pilotes qui nous amèneront à environ 2 300m d’altitude avant d’entreprendre la traversée du lac en direction de la stupa visitée la veille et que nous survolerons avant de revenir atterrir sur les bords du lac.

Avant d’amorcer la descente, nos pilotes nous demandent si nous voulons effectuer des manœuvres acrobatiques, ce que nous acceptons. Nous laisserons les images parler ici…

Finalement nous serons restés en vol environ 40 minutes et serions aussitôt repartis pour un autre vol si on nous l’avait offert! En fait, François était prêt à aller s’inscrire à un cours pour apprendre à voler un parapente. On reconnait le pilote en lui…

Nous avons tous deux adoré l’expérience!

Retour à Pokhara pour un petit lunch et surtout pour entrer de plein pied dans Holi (1), la fête des couleurs qui débute tout juste.

A l’instar des locaux et autres touristes, nous achetons et enfilons 2 t-shirts cheaps et nous engageons dans la foule joyeuse qui déambule le long de la rue principale. Devant certains bars s’agglutinent des petits groupes qui dansent au son de musiques variées (il y en a pour tous les goûts, du pop au folklore népalais, jusqu’au heavy metal).

Au début, notre apparence immaculée retient sans doute les passants mais un premier groupe nous baptise et rapidement nous nous retrouvons bariolés et nous nous procurons aussi notre stock de poudre colorée pour passer en mode actif. Quelques jeunes appliquent parfois la poudre de façon un peu brusque mais globalement, le tout est plutôt respectueux et bon enfant, et l’ambiance est vraiment festive. Nous terminerons la fête sérieusement colorés!!! NOTE: Même Mauricio n’a pas été épargné à Katmandou…

Retour à l’hôtel pour une bonne douche et pour boucler nos sacs car nous partons tôt le lendemain pour Bandipur.

(1) Holi, also known as Festival of Colors, is one of the most popular festivals in Nepal. It takes place on the full moon day in Nepali Fagu month (February to March in Solar Calendar) and lasts for 2 days. This festival will be held from March 20 to 21, 2019, and March 9 to 10, 2020. Following Dashain and Tihar Festival, Holi is celebrated for the victory of good over evil and the coming of spring. During this colorful festival, Nepalese and foreign tourists will throw each other with dry powder and colored water to express their sincere blessings and good wishes.