Jaipur

Comme nous avons dû abandonner le projet d’aller voir les gros chats à Ranthambore, nous sommes arrivés directement à Jaipur, la ville « rose ».

Jaipur est une ville dont les rues, contrairement aux autres villes tortueuses visitées au Rajasthan, s’étale selon une grille urbaine plutôt rectangulaire. La plus vieille partie est nommée la ville rose même si les bâtiments y sont plutôt d’une couleur ocre. C’est la capitale du Rajasthan et c’est une relativement grosse ville avec plus de 3 millions d’habitants.

La St-Valentin est sans doute LE soir de l’année où nous n’allons pas au restaurant car les menus fixes sont décevants, l’ambiance feutrée insipide et le personnel exaspéré… mais nous sommes en Inde où la St-Valentin est peu soulignée et même plutôt mal vue car symbole de l’occidentalisation de leur société… C’est donc le soir idéal pour aller au resto, étant déjà occidentalisés par défaut 😉

Bref, nous avons abouti au Jaipur Modern Kitchen, petit resto dans un environnement improbable (gros boulevard industriel) mais qui est un charmant petit oasis, décoré avec beaucoup de goût et annexé à une jolie boutique de produits locaux. Le menu est composé des traditionnels plats indiens mais aussi d’une section à base de Quinoa qui n’a rien à envier au Lov (oui, oui, Yves!). En fait notre repas au Jaipur Modern Kitchen était le meilleur du voyage, au point où nous y sommes retournés pour notre dernier soir à Jaipur.

Plusieurs temples et palais sont à voir à Jaipur mais notre coup de coeur fut le Palais et Fort d’Amber qui surplombent majestueusement la ville.

Nous avons passé pratiquement toute une journée à visiter le site avec notre guide recruté sur place, et qui nous a ensuite invité chez lui dans le petit village au pied du Fort.

Cette journée nous a aussi donné une pause de bruit et de pollution car Jaipur, à l’instar de ses voisines, est infestée de Rickshaw agressifs et le fait que la ville soit conçue sur de grands axes concentre encore davantage la circulation en quelques points névralgiques qui deviennent infernaux quand on est exposé dans un petit véhicule sans porte ni fenêtre, à la hauteur des pots d’échappement des poids lourds…

Nous avons tiré profit de ces quelques jours au même endroit pour nous reposer un peu car – et on entre ici en terrain glissant – le changement répété de lieux et le remballage continuel de nos bagages, fini par être usant (oui, Steffe, on le sait, on n’a pas le droit de se plaindre! 😉 ).

La fin de notre séjour à Jaipur a été marquée par des manifestations reliées à un attentat terroriste meurtrier au Kashmir. La population réclame une intervention militaire contre le Pakistan qui hébergerait sciemment le groupe terroriste. A priori, le gouvernement Modi, en campagne électorale, aurait donné instructions en ce sens à son armée… à suivre…

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Le prochain trajet sera sans histoire: train de jour de 4 heures pour Agra, la ville du Taj Mahal!

A bientôt…

Ranthambore

En route vers la gare d’Ajmer pour prendre notre train vers le parc National de Ranthambore. Nous avons bien hâte d’aller passer la nuit dans ce bel hôtel écotouriste recommandé par Geneviève, petit luxe pour la St-Valentin. Nous partirons le lendemain pour aller voir les tigres en safari et ensuite le train direction Jaipur…

Ajmer est le début de la ligne et notre train est à quai. Nous nous installons donc avec notre bagage dans le compartiment et attendons le départ prévu à 15h25…

15h30… 15h45… 16h00… 16h15, toujours pas de mouvement et personne ne semble s’en inquiéter… sommes-nous bien dans le bon train? Oui, nous avons vérifié et revérifié… les annonces en Hindi sur le quai ne nous aident pas beaucoup. Nous savons que les retards sont fréquents en Inde…

François sort du train pour aller voir pendant qu’Annie reçoit la visite de deux individus qui demandent où elle va et lui disent que le train ne va pas à Sawai Madhopur, la ville près de Ranthambore où nous allons. Annie collecte nos bagages et se dirige vers la sortie avant que le train ne parte vers on ne sait où… sans François… 😉

François, qui a obtenu l’info que le train a été redirigé vers une autre ville, la rejoint…

Une manifestation aurait lieu sur les rails près de Sawai Madhopur et les trains ne passent plus!

Les Gujjars, une communauté sous représentée dans l’appareil de l’état exigent une hausse de 5% de cette représentation et resteront allongés sur la voie ferrée tant qu’ils n’auront pas satisfaction!

Pour nous, ça veut dire élaboration d’un plan B en quatrième vitesse… C’est l’inde et ses aléas… et comme dirait Annie: la fluidité dans le chaos…

Dans le hall de la gare, un bureau surmonté d’un panneau « Tourist support ». Dans le bureau, un fonctionnaire lit le journal et nous confirmera la situation en nous expliquant qu’il ne peut pas faire grand chose… Nous devrons contacter l’agence d’Udaipur si nous voulons réclamer remboursement de nos billets et il nous conseille d’oublier d’aller à Ranthambore.

Le charmant chauffeur de taxi qui nous avait amené à la gare est toujours là et nous amènera à la gare de bus où nous achetons un billet direction Jaipur, courcircuitant l’étape de Ranthambore.

Le bus est rempli d’indiens et encore une fois nous sommes les seuls étrangers. 2 militaires sont à bord avec leurs fusils déposés sur le banc… Nous sommes prêts pour un 2h30 de route dans un vieux bus « tape-cul ».

C’est l’Inde!   😉

PS: l’itinéraire est en lien en marge du texte

Pushkar

Retour sur Jaisalmer: un midi alors que nous lunchions à un « rooftop restaurant », nous apercevons un nuage noir et menaçant qui s’approche de la ville. Quelques minutes plus tard, nous nous réfugions à l’intérieur pour laisser passer une averse. Le lendemain, nous apprenons qu’il ne pleut que 15 jours par an à Jaisalmer et toujours à la fin de l’été. Que les climatos-sceptiques soient confondus!

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Sur cette note éditoriale, déplaçons nous maintenant à Pushkar, petite ville de pèlerinage. Pour nous y rendre, nous prendrons le train de nuit, à une heure du matin de Jaisalmer, pour arriver à Ajmer vers midi. Un taxi nous amènera ensuite à Puskar qui est à une quinzaine de km. Le train de nuit est une expérience beaucoup moins exotique que le bus de nuit. Nous avions pris des places dans un compartiment à 6 couchettes (2 séries de 3 superposées). Il faut savoir qu’il y a différentes classes et nous voulions l’expérience de l’indien moyen dans le contexte d’un long trajet. Mis à part le peu de place pour nos sac à dos, l’exiguïté de la couchette et la propreté toute relative des latrines (!) le trajet s’est bien fait. Encore une fois nous étions les seuls « blancs » dans le wagon, mis à part une italienne sympathique avec qui nous avons partagé le taxi pour Pushkar à l’arrivée.

Nous étions bien contents de nous déposer quelques nuits à Pushkar après notre séquence bus de nuit – nuit simple à l’hôtel – nuitée dans le désert à la belle étoile – train de nuit.

Pushkar est une petite ville enroulée autour d’un lac rempli de pélicans et qui est en fait un grand bassin où se versent d’innombrables escaliers descendant de « temples » délabrés où s’épouillent des singes.

Les pèlerins et résidents empruntent les escaliers pour un rituel de purification dans l’eau du lac. Une petite chaîne de montagnes borde aussi la ville au loin.

À l’arrière des temples, un réseau de petites rues entoure le lac et forme un grand bazar sympathique mais où évoluent des maraudeurs qui cherchent à vous faire accepter des offrandes. Si vous le faites, vous vous retrouvez embarqués dans un minutieux et astucieux stratagème qui vous conduit graduellement vers un des escaliers où on vous expliquera que vous avez le choix de faire ou non un don à la communauté et que c’est « votre karma » qui est en jeu… (malgré le fait que nous le savions, eh oui nous avons donné à la communauté!)

Mis à part ce côté arnaqueur et mercantile (et le fait que la ville est « dry »), nous avons aimé Pushkar, particulièrement notre randonnée à un temple, au sommet d’une petite montagne près de la ville et qui nous a offert une vue imprenable sur la vallée.  Pushkar a aussi un côté un peu hippie/grano, de nombreux occidentaux y déambulent coiffés de dreads et vêtus de tenues amples. Et la bouffe! Nos meilleurs petits-déjeuners jusqu’à présent. Nous avons fait le plein de vitamines. Il faut dire que nous mangeons bien en Inde. Les plats sont vraiment savoureux.

La ville est aussi le lieu de nombreux et bruyants mariages. Notre première nuit a été ponctuée de tambours, musique et feux d’artifice, qui se tenaient tout juste sous nos fenêtres. Un autre soir nous avons suivi le son de la musique pour nous retrouver dans une grande cour intérieure majestueusement décorée pour un mariage. Les gens qui se trouvaient près de l’entrée nous ont invités cordialement à les suivre et nous ont installés dans des fauteuils en plein centre de la cour et étaient visiblement ravis d’avoir des étrangers au mariage.

De façon surprenante, même s’il règne un bruit quasi permanent la nuit en Inde, celui-ci fait partie de la normalité. Ce qui serait considéré comme insupportable ailleurs, se tolère très bien ici.

Départ prévu pour le parc national de Ranthambore…

PS: Cours de danse de style Bhangra à la Bollywood: check! 🙂 🙂 🙂  (pour Annie 😉 )

Jaisalmer

Udaipur est la « ville blanche » du Rajasthan et Jaisalmer est la ville dorée et elle porte bien ce patronyme car la majorité des édifices sont fait de « sandstone » qui donne effectivement une couleur dorée à une architecture assez homogène.

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Au sommet de la ville, le « Fort » est une enceinte où réside environ 5 000 habitants et artisans. Plus calme que le reste de la ville, le fort est agréable à visiter et il fait bon se perdre dans ses petites rues.

Un petit lac borde la ville au sud et le seul attrait est d’y admirer le coucher du soleil, lorsque le temps s’y prête.

Jaisalmer a peu d’autres attraits si ce n’est qu’elle est le lieu de départ d’expédition dans le désert du Thar. Car Jaisalmer est située au nord ouest de l’Inde, presqu’à la frontière du Pakistan (voir la carte de notre itinéraire dans les liens). La ville nous rappelle d’ailleurs un peu des scènes de films ou de bulletins de nouvelles dont l’action se situe dans des villes irakiennes ou syriennes.

Nous avions donc prévu une nuit à l’hôtel pour notre arrivée suivie d’une nuit à la belle étoile dans le désert. L’hôtel est charmant et son « rooftop » est très agréable et le restaurant y est très bien. Le patron, Rumi, est attentionné et nous accueille en nous offrant de petites attentions très appréciées. Il a embauché un guide qui travaille exclusivement pour l’hôtel et qui nous amènera à une heure en jeep dans le désert où nous partirons à dos de chameau pour notre site de camping.

« EK », notre guide, et le chamelier nous prépareront un souper digne des bonnes tables de Jaisalmer et nous aurons l’occasion d’échanger un peu avec eux pendant le repas. Puis, ils nous installeront un petit coin pour dormir dans les dunes, sous d’épaisses couvertures car il fait froid la nuit. Seul le bruit de nos chameaux broutant les rares herbes de la dunes viendra ponctuer notre sommeil.

Au lever du soleil, nous prendrons quelques jolis clichés de nos montures en contre jour pour repartir sur leurs dos vers le jeep (Cliquez ici pour une photo 360).

Le tout reste une activité touristique mais qui en vaut la peine. Vive le désert! 🙂

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Nous avons bien aimé Jaisalmer, son architecture dorée qui met en valeur les textiles colorés et notre petit hôtel à l’ambiance sympathique.

Bus de nuit indien

Nous vous avons laissé alors que nous nous apprêtions à quitter Udaipur en bus de nuit… Alors à la demande générale 😉 voici le récit de notre trajet.

Tout d’abord, la « gare » est un petit parking de terre battue sur le bord d’une route dans un quartier industriel, où traînent des colis et quelques touristes occidentaux, seule indication que nous étions sans doute au bon endroit (la seule enseigne sur le petit édifice est en hindi).

Après un moment, sans aucune annonce, un bus arrive et nous devinons que c’est sans doute le bon. On dépose nos gros sacs à dos dans un compartiment extérieur et on monte dans le bus avec nos petits sacs. Passons sur la description du corridor que vous avez pu voir dans l’article précédent. Notre couchette était à l’étage supérieur, car de chaque côté du corridor se trouvent deux rangées superposées de couchettes dans lesquelles on peut tout juste se tenir en position assisse. D’un côté de l’allée, des couchettes simples et de l’autre des doubles.

L’intérieur de notre couchette a aussi les allures d’un casino cheap mais le tout est plutôt propre et confortable. Une vitre coulissante ornée d’un rideau permet d’isoler le compartiment du corridor. La fenêtre extérieure ne s’ouvre pas (le bus est climatisé) et est aussi munie d’un rideau. Le grand luxe!

Nous nous glissons dans nos enveloppes de camping et le bus se met en marche à l’heure prévue (20h30).

Premier constat: la couchette est exactement de la longueur d’une Annie moins un pouce. Il faut donc garder les genoux pliés mais on arrive à trouver des positions à peu près convenables. La route qui sort d’Udaipur est cahoteuse et la suspension à air comprimé absorbe plutôt bien les bosses mais a tendance à nous propulser ensuite dans un marsouinage de quelques secondes…

Nous sortons de la vile et le bus prend de la vitesse mais la route ne s’améliore pas vraiment et régulièrement des dos d’ânes forcent le chauffeur à freiner fortement puis nous nous retrouvons propulsés dans les airs… Le manège (c’est le cas de le dire) durera près de la moitié du trajet de 12 heures. Déjà fatigués, nous réussissons à fermer les yeux malgré les cahots mais à un certain point le « saut » est si fort que nous nous retrouvons littéralement en apesanteur pendant un instant et éclatons tout deux d’un fou rire incontrôlable en retombant…

Heureusement, vers la mi-trajet, la route s’est améliorée et nous avons eu un peu de répit et de sommeil léger pour les dernières six heures.

Douze heures en bus implique aussi une gestion des vessies… environ 2 heures après le départ, le bus s’arrête sans annonce dans un grand parking bordé d’un terrain vague qui servira de latrines. N’ayant pas envie, nous nous disons qu’il y aura sans doute d’autres arrêts aux deux heures… Erreur… Par la suite, le bus s’arrêtera souvent sur la route sans que nous sachions précisément pourquoi. Nous comprenons qu’il faut simplement se présenter à l’avant et se diriger sur le bas côté en espérant que le bus nous attende…

Globalement, une expérience intéressante mais disons que nous étions heureux d’arriver et que la douche et la sieste à l’arrivée ont été bien appréciées…